Photogrammes et Rayogrammes : 1940-1950.
Né en 1909, Pierre Jahan fait partie d’une génération de pionniers de la photographie qui considéraient cette dernière non plus comme une pratique scientifique ou technique, mais comme un art du plaisir et de liberté. Personnalité protéiforme de l’avant-garde, inclassable, il appréhendait en effet ce médium comme terrain d’exercice, dont la seule loi résidait dans le plaisir de l’œil et de la main. Ainsi, dans cette quête de reconnaissance de la photographie comme un art à part entière, doté de ses propres possibilités plastiques et expressives, Pierre Jahan rejoint ses pairs Henri Cartier-Bresson, Man Ray, Lee Miller, László Moholy-Nagy ou encore Dora Maar, ainsi que leurs confrères de l’autre côté de l’Atlantique, tel Alfred Stieglitz. Pierre Jahan expérimenta les nouvelles techniques – photogramme, rayogramme, surimpression, photomontage et photocollage – jusqu’au bout. Il fait partie, avec Moholy-Nagy, Man Ray et Christian Schad, de ces artistes ayant pratiqué la photographie sans appareil : le photogramme, par exemple – ou rayogramme dans le terme de Man Ray – s’avérant être une photographie obtenue par simple interposition d’un objet entre le papier photosensible et la source lumineuse. Son procédé fixe l’image, permet d’obtenir des silhouettes en négatif sur la photographie finale.
Crédit visuel : Pierre Jahan Sans titre (Nu à l’épi), ca. 1945-48 Photogramme et tirage gélatino-argentique, 40 x 31 cm Courtesy Galerie Jean-François Cazeau, Paris
Data : L'Officiel des spectacles


