Le Brésil illustré
QUAND ?
30/04/2025 - 04/10/2025
Du lundi au vendredi 10h-20h. Samedi 14h-18h, vend 2 mai 14h-18h, dimanche 25 mai : ouverture exceptionnelle 10h-18h
COMBIEN ?
Entrée libre.
Cette année, la Maison de l’Amérique latine fait la part belle aux relations bilatérales France-Brésil au travers d’une saison culturelle dédiée. Cette exposition est consacrée au travail de critique et de resymbolisation des images du peintre Jean-Baptiste Debret (1768-1848) par une génération effervescente d’artistes brésiliens contemporains. Elle s’appuie sur les recherches récentes de Jacques Leenhardt (Rever Debret, Editora 34, São Paulo/Brésil, 2023), qui font partie d’une publication éponyme (Actes Sud, avril 2025). J.-B. Debret (1768-1848), peintre du cercle de J. L. David pendant la Révolution française et l’Empire, émigre en 1815 à Rio de Janeiro, reçu peintre officiel de la cour du Portugal déplacée dans sa colonie. Pendant 15 ans, il est témoin de la transformation de cette colonie en empire du Brésil. Rentré à Paris en 1831, il publie un livre amplement illustré, Voyage pittoresque et historique au Brésil, où sont révélées les aquarelles réalisées durant son séjour, véritable sociologie en image de la vie quotidienne à Rio de Janeiro à l’heure de sa mutation. Un siècle plus tard, après que son livre a été censuré par la bibliothèque impériale, puis oublié pour avoir montré trop crûment la société esclavagiste, Voyage pittoresque et historique au Brésil est redécouvert, traduit et publié au Brésil (1940) avec un succès tel qu’il est devenu l’iconographie de référence sur cette période. L’ouvrage a été publié par l’Imprimerie Nationale en 2014. En 2022, les célébrations du Bicentenaire du Brésil incitent de nombreux artistes des nouvelles générations indigènes ou afro-descendantes à se confronter à ces images de leurs ancêtres et de leurs communautés. Comme ils ne se reconnaissent pas dans cette archive coloniale, ils s’en emparent pour la détourner, la carnavaliser, la resymboliser. Les œuvres ainsi produites constituent comme un dialogue et une réplique à celles de Debret. Elles posent, grâce à leur inventivité et à leur pouvoir critique, la question très actuelle de la confrontation avec le passé colonial. En illustrant la richesse de cet atelier contemporain, où s’inventent des formes nouvelles de savoir et de représentations, l’exposition montre de quelle manière le travail artistique invente des stratégies pour reconnecter l’histoire de ces communautés au récit national qui les avait occultées.
Crédit visuel : (© Denilson Baniwa, Arqueiro digital, [Archer digital], 2017, infogravure, courtoisie de l’artiste)
Data : L'Officiel des spectacles